samedi 22 janvier 2011

Conférence sur le contrat de défiance


Dans le cadre d'une conférence organisée par le CERA le 21 janvier 2011, Michaela Marzano, philosophe a présenté son dernier ouvrage intitulé "Le contrat de défiance".


Selon Michaela Marzano, la confiance entre individus est un élément nécessaire pour maintenir le lien social entre les individus.

Les mots clefs qui définissent notre société sont aujourd'hui : La peur et la méfiance. Elle construit d'ailleurs son exposé autour de trois thèmes: confiance, méfiance et défiance.

Michaela Marzano nous donne dans son livre une perspective historique à la fois philosophique depuis l’Antiquité. Auparavant, la société était construite autour de l'honneur: trahir ses engagements était une faute impardonnable!

Dans notre société moderne, l'honneur a laissé sa place à l’intérêt particulier. Cest la somme des intérêts particuliers qui créent l'intérêt général.
Ce qui est intéressant dans son exposé, c'est qu'elle accuse également toute la littérature sur le management qui met en avant la notion de confiance en soi. Les progrès de notre civilisation résiderait avant tout dans le conditionnement de la“confiance en soi”, permettant à chaque individu de se maitriser et de se dépasser, en engendrant le progrès général”. Chacun est responsable de ces objectifs et de sa réussite. Le management s'oriente davantage dans la performance individuelle... Les points précis développés dans l'entretien professionnel ne sont- ils pas à améliorer?

Selon Michaela Marzano, "la confiance en soi ne suffit pas" : la société de confiance est aujourd’hui un mythe sur lequel nous devons être lucide. Nous n’avons pas d’autre choix que de dépasser le champ de la confiance en soi.

Ce que j'apprécie dans cet ouvrage est aussi le champ développé par la philosophe sur le thème de la dépendance et de l'autonomie. On associe très souvent les thèmes de l'autonomie avec la confiance en soi. Puisque j'ai confiance en moi, je peux avancer tout seul... Or cette autonomie ne veut pas dire indépendance.

L'indépendance, considérée comme un moyen pour ne pas subir la trahison, peut prendre la forme de la contractualisation exacerbée. Tous les autres sont maintenus dans un espace dans lequel ils ne peuvent plus nous menacer.

Faire “le pari de la confiance” : c'est faire le pari de l'homme.

Dans un sens, mieux vaut risquer d’être trahi, cela signifie au moins que vous gardez la possibilité de vous ouvrir aux autres. La confiance est une trace d’humanité qui nous renvoie à la fragilité et à la richesse de notre condition humaine.
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